Cas glyphosate - Le glyphosate appartient au groupe de résistance 9. Ces herbicides se lient à l’enzyme énolpyruvylshikimate-3-phosphate synthase (EPSP synthase ou EPSPS, une enzyme chloroplastique) et bloquent son activité. La synthèse des acides aminés aromatiques essentiels aux végétaux est perturbée, voire inhibée ce qui cause une carence nutritionnelle et la mort de la plante. Le glyphosate est un herbicide non sélectif qui affecte tous les tissus avec lesquels il entre en contact, à l’exception des hybrides « Roundup Ready (RR) ». Il peut être appliqué en prélevée, post-levée ou pré-récolte.
Suite à son application, la croissance des plantes sensibles est rapidement inhibée. Il s’ensuit une chlorose généralisée du feuillage qui débute, et est souvent plus marquée, sur les jeunes tissus foliaires et les points de croissance. Puis, survient la nécrose des tissus, dans un délai de 4 à 7 jours, chez les espèces les plus sensibles, et dans les 10 à 20 jours, chez les espèces qui le sont un peu moins. Les symptômes peuvent également être une coloration rose-pourpre du feuillage et la multiplication du nombre de tiges aux entre-nœuds (rappelant le «balai de sorcière» ou «witch’s broom»).
Le glyphosate n’est pas mobile dans le sol, mais il est facilement absorbé par les feuilles et transloqué dans toute la plante, via le xylème et le phloème, où il persiste longtemps. Son transport à travers la membrane cytoplasmique est particulièrement lent, plus que la plupart des herbicides en général et surtout les non-polaires. Il est lentement dégradé en son métabolite principal, l’acide aminométhylphosphonique (AMPA). Les symptômes en lien avec l’exposition au glyphosate peuvent se développer rapidement ou se manifester la saison suivante.
Le glyphosate fait l’objet d’un usage intensif dans le monde, notamment pour certaines cultures, dont le maïs, le soya, le coton et le canola. Même si l’étiquette mentionne que sa persistance dans le sol est nulle, son utilisation intensive tend à prouver le contraire. Des études ont permis de le détecter dans l’eau, le sol et l’air. Il est rapidement et fortement absorbé aux particules de sol. Dans les sols, sous l’effet de la vie microbienne, il se transforme rapidement en son produit de dégradation (AMPA), lequel se décompose lentement.
Plus de 55 espèces de mauvaises herbes ont été rapportées résistantes au glyphosate mondialement et plus de 20 espèces aux États-Unis (Amaranthus hybridus, Amaranthus palmeri, Amaranthus retroflexus, Amaranthus spinosus, Amaranthus tuberculatus, Ambrosia artemisiifolia, Ambrosia trifida, Conyza bonariensis, Conyza canadensis, Echinochloa colona, Eleusine indica, Helianthus annuus, Kochia scoparia, Lolium perenne ssp. multiflorum, Lolium rigidum, Parthenium hysterophorus, Poa annua, Salsola tragus, Sorghum halepense) et environ une vingtaine d’espèces ont été confirmées au Canada (amarante tuberculée (Amaranthus tuberculatus), petite herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia), grande herbe à poux (Ambrosia trifida), moutarde des oiseaux (Brassica rapa), brome des toits (Bromus tectorum), vergerette du Canada (Conyza canadensis), kochia à balais (Kochia scoparia), ivraie vivace (Lolium perenne ssp. multiflorum)) et 8 espèces au Québec (moutarde des oiseaux, amarante tuberculée, petite herbe à poux, grande herbe à poux, kochia à balais, vergerette du Canada, folle avoine et chénopode blanc).
En général, la phytotoxicité par le glyphosate peut être confondue avec : des carences minérales (fer (Fe), manganèse (Mn) , phosphore (P), potassium (K)), mais à ce moment différents niveaux de feuille peuvent être affectés; des phytoplasmes (déformations sévères, absence de feuilles); des virus (dommages localisés); ou celle associée à d’autres produits phytosanitaires (acides benzoïques, imidazolinones, bipyridilium, aryloxyphénoxypropionates, acides phénoxy-carboxiliques, sulfonylurées, isoxazolidinone).
Pour diminuer les risques de phytotoxicité, il faut éviter les dérives sur les cultures lors de l’application, utiliser des jets dirigés au besoin, ne pas appliquer par temps venteux, respecter les consignes inscrites sur l’étiquette et bien nettoyer le pulvérisateur. Pulvérisé à une température excédant 25 °C, le glyphosate représente un risque pour la culture.
Feuille : les jeunes feuilles et les points de croissance présentent des anomalies de coloration (jaune ou blanc) et des malformations (limbe réduit, feuille effilée ou petite, enroulement). Les nervures demeurent vertes. Chez le soya, à la face inférieure des feuilles, présence d’une coloration rouge à noire des nervures.
Tige : arrêt de croissance de la tige ou développement anormal de bourgeons latéraux à la base des plants, donnant une apparence de «balai de sorcière» (ou « witch’s broom ») au plant.
Plant : peut montrer un retard de croissance, être chétif et rabougri.
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Shaner D.L. (Ed) (2014). Glyphosate. Dans Herbicide handbook. 10e éd. Weed science society of America, Lawrence, Kansas. p. 240-242.
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Herbicide Action and Injury (Alberta)
Herbicides: How they Work and the Symptoms They Cause
picture_tour_herbicide_injuries.pdf
Portrait de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides au Québec (2011-2025)
List of Herbicide Resistant Weeds by Herbicide Mode of Action














